F.E.L.V ou Leucose

Par le Docteur vétérinaire Nathalie Vidal-Terrier

C’est en 1964 que le Dr Jarret identifie l’agent viral responsable du lymphosarcome félin et le nomme feline leukemia virus (Felv), virus leucémogène félin.

Le Felv est un virus oncogène et sa découverte est d’autant plus considérable que le lymphosarcome et le type tumoral le plus observé chez le chat et ce virus est donc un modèle de choix dans l’étude des tumeurs viro-induites.

A côté du lymphosarcome, il apparaît que le Felv. est responsable de nombreuses autres affections non tumorales, aussi fréquentes que diverses et graves chez le chat.

A. Etiologie – Epidémiologie

Le virus, de la famille des retroviridae, est peu résistant dans le milieu extérieur. La contamination se fait donc par contact direct.

Les matières contaminantes sont les liquides organiques, essentiellement la salive mais aussi le sang, les sécrétions nasales, les urines, les selles, le lait, les larmes.

Le processus infectieux peut se dérouler de différentes façons :

  •  De manière verticale : l’infection est transmise par le génome viral intégré dans le génome d’une cellule germinale. Le parent infecté transmet alors directement par le génome le virus à son descendant.
  •  Par voie transplacentaire : le femelle infectée et en état de virémie, peut contaminer sa portée in utero par la voie placentaire. Une telle infection aboutit soit à la mort prématurée des fœtus avec avortement ou résorption fœtale, soit à la naissance de chatons congénitalement infectés qui risquent de développer précocement une maladie, tumorale ou non.
  •  De manière horizontale : c’est la modalité la plus fréquente de l’infection, un chat infecté virémique contamine un animal sain. On peut associer sans cette modalité d’infection, le cas des chatons nouveau-nés infectés précocement par le lait de leur mère. On note ainsi que l’infection peut se faire à un âge plus ou moins avancé, les chats semblant sensibles à l’infection quelque soit leur âge.

Suite à l’infection on observe trois évolutions possibles :

  • Il y a infection mais le virus est éliminé sans qu’il y ait virémie
  • Il peut y avoir une virémie transitoire, on peut alors avoir des chats porteurs sains qui peuvent ensuite éliminer le virus. Ils deviennent alors résistants à une nouvelle infection.
  • Il y a virémie qui persiste dans le temps et les individus atteints présentent alors une pathologie liée au Felv.
  • La population la plus atteinte est celle des « chats des rues » et des collectivités importantes.

B. Clinique

B.1. Les maladies tumorales

Agent du lymphosarcome et de la leucémie lymphoïde du chat, il l’est également de maladies lympho-prolifératives peu fréquentes. On a alors :

  •  Mauvais état général (anorexie, maigreur, perte musculaire)
  •  Hyperthermie en poussées irrégulières
  •  Anémie
  •  Difficultés respiratoires
  •  Eventuellement signes cardiaques
  •  Troubles digestifs divers (vomissements, diarrhée, syndrome occlusif)
  •  Rapidement insuffisance rénale chronique

B.2. Les affections non tumorales

  •  Anémies
  •  Atrophie du thymus chez le chaton
  •  Dépression immunitaire chronique entrainant des surinfections virales, bactériennes et fongiques
  •  Glomérulonéphrites entraimant une insuffisance rénale chroniquE
  •  Avortement et résorption fœtale
  •  Atrophie médullaire

L’évolution chez le chaton peut être mortelle en quelques semaines.

La mort chez l’adulte malade survient en moyenne dans les 2.5 à 4 ans après déclaration de la pathologie.

C. Diagnostic et Prophylaxie

Le diagnostic se fait sur simple prise de sang et diverses techniques de laboratoire permettent la mise en évidence de l’atteinte par le Felv.

Un résultat négatif signifie que l’animal n’est pas porteur du virus ou en incubation. Un résultat positif indique une virémie qui comme nous l’avons vu plus haut peut être transitoire ou persistante. C’est pourquoi en cas de doute ou de symptômes non concordants avec le résultat des tests, il convient de renouveler ces tests entre 3 et 6 mois plus tard.

L’existence de ces tests de dépistage permet d’entreprendre une prophylaxie sanitaire de la maladie.

Elle est basée sur l’éloignement des animaux porteurs (qu’ils soient ou non malades).

Tout nouvel individu entrant doit être testé au préalable.

La prophylaxie est aussi médicale avec l’existence sur le marché de vaccins efficaces, tout nouvel individu entrant doit donc être non seulement testé mais aussi vacciné.

Il s’agit d’un vice rédhibitoire.

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