Origines égyptiennes

Extrait du livre de Didier Hallépée : « Chat Mau Egyptien », Carrefour du net

Le chat sauvage africain fut d’abord attiré à proximité des habitats humains par la présence des rongeurs dont il se nourrissait. Ceci est attesté en particulier par la présence d’ossement de chats dans un site de Jéricho datant de 9000 ans avant JC, dans un site de Chypre datant de 9000 ans avant JC ainsi que dans un site de Harappa (vallée de l’Indus) datant de 4000 ans avant JC.

imagedoublefbteteschatsGrâce aux découvertes du site de Chypre (sépulture de Shillourokambos) on sait que le chat était apprivoisé dès cette époque. Sa fréquentation des humains date probablement des débuts de l’agriculture, les chats ayant été attirés dans les villages par les souris qui profitaient de la culture des céréales.

Par contre, l’absence de modifications morphologiques visibles (diminution de la taille et du crâne) montre que la domestication du chat est postérieure.
Le silo à grain fut inventé en Egypte, il y a environ 4000 ans pour lutter contre les disettes dues aux mauvaises récoltes.

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D’aucuns affirment que le récit biblique de Joseph et Pharaon est l’histoire de cette invention. Le silo doit son nom au Tarbernacle de Silo (personnage biblique ayant vécu à l’époque du pharaon Shishak, 950-929 avant JC) où étaient déposés les grains offerts en offrande (Deutéronome et Exode).
Les silos ont attiré les rongeurs, et à leur suite les serpents. Le chat, qui vivait déjà à proximité des habitas humains, y trouva nourriture à profusion et s’y installa.
L’utilité du chat fut vite reconnue et il fut élevé pour ses talents de prédateur, puis domestiqué. Il s’installa alors dans les maisons et fit alors partie de la famille.

imagedoublefbserpentprincessesLe pharaon lui-même reconnut l’utilité du chat et voulut être le seul propriétaire de la race féline. C’est pourquoi il fut érigé en demi-dieu, il y a environ 3500 ans.

Ainsi, il ne pouvait appartenir qu’à un dieu, pharaon lui-même. C’est pourquoi aujourd’hui encore en Egypte, les maus sont appelés chats pharaoniques.

imagedoublefbpharaonanubisNotons que le sceptre de pharaon (« heqa ») présente l’élégante courbe de la queue du chat.

Il fut donc vénéré sous la forme de la déesse Bastet, représentée tantôt comme sous forme de chatte, tantôt sous forme de femme à tête de chatte, tenant un sistre à la main droite et portant un ou deux anneaux d’or.

imagedoublefbdeuxbastetLe principal lieu de culte de Bastet fut installé à Bubastis. Les fêtes annuelles en l’honneur de Bastet, célébrées à Bubastis, attiraient de nombreux pèlerins (attesté par Hérodote). Bastet se fête toujours le 31 octobre.
Bastet, surnommée la déesse dévorante, représente d’une part le feu, la guerre, la peste, et la maladie, d’autre part le foyer, la fertilité, la sexualité et la protection des femmes enceintes et des enfants. Elle est femme et fille du dieu Râ. Le nom du chat en égyptien, mau désigne d’ailleurs à la fois le chat, son miaulement et la lumière. C’est une déesse à deux aspects : avec sa tête de chat, elle est Bastet, Dame de l’Est, associée à la lune (son fils Khensu est le dieu de la lune) ; avec sa tête de lionne, elle est Sekhmet, Dame de l’Ouest, associée à la lumière du soleil. Elle est également déesse du plaisir, de la musique, de la danse, de la joie. Elle est aussi l’instrument de la vengeance de Râ. Ses colères sont célèbres.

imagedoublefbdeuxbastethabilleesLe culte de Bastet a atteint sa plus forte période de développement vers 950 avant JC. A cette époque, Bubastis devint capitale de l’Egypte.
L’amour des égyptiens pour leur chat fut exploité par le roi Perse Cambyses II lors de sa conquête de l’Egypte, à l’occasion du siège de Pelusium (525 avant JC).

Selon la légende, celui-ci prit un grand nombre de chats en otage et les fit placer devant les boucliers de ses soldats. Plutôt que de risquer la vie de leurs chats, les égyptiens habitants de Pelusium se rendirent.
Devenu un animal divin symbolisant les années grasses et la fertilité, le chat a bénéficié de tous les avantages liés à son rang. Tuer un chat, même accidentellement, était un crime puni de mort.

imagetriplefbmomieschatsDiodore rapporte (an 1 avant JC) qu’un soldat romain ayant tué un chat, rien ne put empêcher la foule en fureur de mettre celui-ci à mort, malgré les risques de guerre avec les romains.

Les égyptiens vénéraient leurs chats et pleuraient leur mort.

A la mort de leur chat, les Egyptiens se rasaient les sourcils en signe de deuil. Les défunts chats étaient momifiés et apportés au temple de Bastet, à Bubastis.

Cette pratique était encore en vigueur dans les premières années de notre ère.

L’étude de ces momies a mis en évidence le jeune âge de beaucoup de ces chats et la présence de fracture du cou : il semble que nombre de chats étaient élevés dans les temples spécifiquement pour être momifiés et vendus comme porte-bonheur du foyer ou comme ex-voto : l’offrande d’un chat momifié à la déesse Bastet permettait de déchaîner sur un ennemi les redoutables colères de celle-ci.

imagedoublefbscenechasseDes centaines de chats momifiés ont ainsi pu être retrouvés. C’est ainsi que les savants ont pu identifier ces premiers chats domestiques avec le felis lybica.

De nombreuses momies ayant conservé leur fourrure, on sait que ceux-ci étaient généralement jaunes (bronze) et porteur de taches noires ou parfois de rayures.Le chat a été souvent représenté sur les bas-reliefs et sur les papyrus. Sur ces images, il est généralement jaune ou rouge. Et orné de taches ou dépourvu de motifs.

Des scènes de chasse permettent de supposer qu’il était dressé à la chasse aux oiseaux.

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