A la conquête du Monde

Extrait du livre de Didier Hallépée : « Chat Mau Egyptien », Carrefour du net

Les égyptiens considéraient leurs chats comme un bien précieux et un animal sacré. C’est pourquoi des règlements stricts en interdisaient l’importation.

Certains d’entre eux furent très tôt utilisés sur les navires égyptiens exportant du blé.

Les phéniciens furent les premiers à exporter illégalement le chat, vers 900 avant JC. Ainsi, ils l’introduisirent en Galilée, en Grèce, en Italie.

Petit à petit, le chat domestique se répandit ainsi dans toute l’Europe et le Moyen-Orient.

Dans l’Artashastra, manuel indien de l’art de gouverner (IIIéme siècle avant JC), Kautilya explique comment utiliser chats et mangoustes pour lutter contre les rats et les serpents.

On raconte que le pape Grégoire 1er (590-604), lors d’un prêche, disait «donnez votre bien le plus cher en offrande !». En l’entendant, un moine sortit alors un chat de sa manche pour le lui donner. Le pape se mit à sourire et sortit à son tour un chat de sa propre manche.

On raconte également que le prophète Mahomet (570-632) avait été sauvé de la morsure d’un serpent par un chat. Il portait constamment sa chatte Muessa dans la manche de son manteau. Appelé un jour pour la prière, il eut scrupule à déranger Muessa dans son sommeil. Alors il en coupa la manche pour se rendre à la prière.

L’arrivée du chat en Angleterre est attestée dès le Xème siècle mais était rare à cette époque.

Vers le Xème siècle, la ville d’Anvers fut brûlée à cause d’un chat. Un voyageur avait fait étape à Anvers, accompagné de son chat. Les habitants qui n’avaient jamais vu de chat furent conquis pas son habileté à attraper rats et souris et supplièrent donc le voyageur de le leur céder (à prix d’or). Peu après le départ du voyageur, ils coururent après lui pour lui demander ce que mangeait le chat. « Ce qu’il prend, bêtes de gens » répondit-il. Les Anversois comprirent « Ce qu’il prend, bêtes et gens ». Ils décidèrent donc de s’en débarrasser. Face à la foule en furie, le chat chercha refuge sur le toit d’une maison. La foule incendia la maison pour tuer ce dangereux animal. Notre chat échappa à l’incendie en sautant sur le toit de la maison voisine. De proche en proche, une bonne partie de la ville d’Anvers fut ainsi incendiée sans que le chat ne puisse être occis. C’est ainsi que la ville d’Anvers fut brûlée à cause d’un chat

Très tôt, le chat fut associé à la sorcellerie. Selon la légende, la déesse de l’obscurité nommée Diane aima Lucifer qui possédait un chat. Ils eurent une fille qu’ils envoyèrent sur terre accompagnée du chat de Lucifer pour enseigner la magie aux hommes. Du Vème siècle au XVIIème siècle, le chat fut considéré par l’église comme animal familier des sorcières, et à ce titre régulièrement brûlé. C’est ainsi qu’il se raréfia tout au long du Moyen Age.

C’est entre le XIIIème siècle et le XVIème siècle que la lutte contre les cultes païens et contre les chats a été la plus intense. Lucifer étant censé s’incarner en un chat noir, la simple possession d’un chat noir était souvent preuve de sorcellerie et valait condamnation au bûcher pour le maître et son chat. C’est de là que l’on dit que les chats noirs portent malheur. Par opposition, le chat blanc symbolisait la pureté. En 1233, le pape Grégoire IX lança l’anathème sur les chats noirs et leurs propriétaires. L’animal pouvait être gracié s’il portait au cou une tache blanche appelée « doigt de Dieu » ou « marque de l’ange ».

Les sorcières étaient réputées pourvoir s’incarner jusqu’à neuf fois dans le corps de leur chat. De là vient la croyance que le chat a neuf vies.

Lorsque les grandes épidémies de peste décimèrent la population, l’utilité du chat fut de nouveau reconnue. Un édit papal permettait aux couvents de nonnes de posséder un chat lors des épidémies de peste.

L’arrivée de l’angora turc mit fin à cet ostracisme au XVIIIème siècle. L’engouement de la noblesse européenne pour ce chat fut très grand : un chat angora était considéré comme un cadeau royal. Du coup, le chat commun fut de nouveau en faveur en tant que compagnon du foyer et prédateur des rongeurs.

C’est au XIXème siècle enfin que commencèrent la reconnaissance des races, l’arrivée des races en provenance d’Orient, l’élevage, la sélection et les expositions félines.

Le chat accompagna les marins aux cours de leurs périples autour du monde et peuplèrent les nouvelles colonies en même temps que l’homme. Sur l’îlot de Clipperton, ils proliférèrent tant qu’ils faillirent détruire toute la faune locale et durent être exterminés.

Les chats suivirent les Européens dans leur œuvre de colonisation. C’est ainsi que nos chats de maison retournèrent enrichir le pool génétique des chats d’Egypte et se mélanger avec les descendants directs des chats de Pharaon.

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